Ressources numériques en sciences humaines et sociales OpenEdition Nos plateformes OpenEdition Books OpenEdition Journals Hypothèses Calenda Bibliothèques OpenEdition Freemium Suivez-nous

Clic. Photographier pour raconter, le MIJ célèbre le bicentenaire de la photographie !

Extraits du Dossier de presse

Note d’intention

À l’occasion du Bicentenaire de la photographie, le Musée de l’Illustration Jeunesse présente Clic. Photographier pour raconter, une exposition consacrée à la place de la photographie dans les livres pour enfants.

En réunissant albums, ouvrages rares, tirages et créations contemporaines, l’exposition invite à découvrir un champ encore peu exploré : celui de la photolittérature pour la jeunesse. Depuis le XIXe siècle jusqu’aux formes les plus actuelles, la photographie s’y impose comme un formidable outil de récit, d’observation et d’imagination. Elle documente le réel, le détourne, le met en scène ou le transforme pour accompagner les enfants dans leur découverte du monde.

À travers un parcours organisé en cinq grandes thématiques, l’exposition révèle la diversité des usages de l’image photographique dans le livre jeunesse : photographie documentaire, imagiers, photomontages, collages, dialogues avec le dessin ou l’illustration.

Le parcours met en regard des figures historiques de la photographie et des artistes contemporains, parmi lesquels Ianna Andréadis, Katy Couprie, Dominique Darbois, Claire Dé, François Delebecque, Robert Doisneau, Charles Fréger, Tana Hoban, Frank Horvat, Jean Lecointre, Aude Léonard, Annette Messager, Sarah Moon ou encore Marc Riboud. Cette pluralité de regards montre combien le livre pour enfants a pu devenir un terrain d’expérimentation visuelle, bien au-delà de sa fonction supposée d’apprentissage ou d’illustration.

L’exposition interroge aussi la matérialité du livre photographique. Car dans ces ouvrages, la photographie ne se contente pas d’être imprimée sur une page : elle dialogue avec le format, le texte, les cadrages et parfois même avec l’objet-livre lui-même. Le livre devient alors un espace où l’enfant apprend autant à lire les images qu’à regarder le monde.

Réalisée en collaboration avec Laurence Le Guen, docteure en photolittérature et spécialiste du livre photographique pour enfants, et avec les éditions MeMo, l’exposition s’inscrit dans une dynamique nationale portée par le Bicentenaire de la photographie, tout en affirmant le rôle du MIJ comme lieu de référence pour l’histoire, la conservation et la transmission des formes visuelles destinées à la jeunesse. Le projet s’appuie notamment sur les collections du musée, qui conserve plus de 7 000 planches originales et près de 14 000 références bibliographiques.

Pensée pour les enfants, les familles, les professionnels du livre et les amateurs d’image, Clic. Photographier pour raconter propose d’expérimenter une évidence : avant même de savoir lire, les enfants savent regarder. Et la photographie, dans le livre, leur offre une grammaire du monde à la fois documentaire, sensible et joyeusement indocile.

Katy Couprie, Antonin Louchard,
Tout un monde, Thierry Magnier, 1999

 

Le parcours 

Clic. Photographier pour raconter se déploie en cinq grandes séquences thématiques. Chacune explore une manière différente dont la photographie entre dans les livres pour enfants : pour apprendre, observer, rêver…

L’exposition privilégie une approche par usages et par regards, afin de montrer la richesse d’un genre qui traverse les époques, les techniques et les formes éditoriales. Des imagiers aux récits mis en scène, des livres documentaires aux photomontages, des albums animaliers aux univers plus oniriques, le parcours révèle combien la photographie a élargi le vocabulaire visuel de la littérature jeunesse.

// Jeux d’enfants

Avec les imagiers photographiques, l’enfant apprend à regarder avant même de savoir lire. Objets du quotidien, formes, couleurs, gestes, visages : la photographie devient un outil d’identification, d’association et de découverte.

Mais ces livres ne se limitent pas à nommer le monde. Ils invitent aussi à comparer, reconnaître, manipuler mentalement les images. Au fil du temps, l’imagier photographique s’éloigne d’une fonction strictement pédagogique pour devenir un véritable terrain de jeu visuel.

Dans cette séquence, la photographie transforme le livre en espace d’exploration. Elle accompagne l’enfant dans ses premiers apprentissages, mais aussi dans la construction de son regard : regarder une image, c’est déjà choisir, rapprocher, interpréter.

// Des bêtes…

Chiens, chats, chèvres, oiseaux, animaux sauvages ou créatures presque imaginaires : le livre photographique pour la jeunesse a largement parcouru le monde animal.

Dans ces albums, l’animal occupe plusieurs rôles. Il peut être observé dans son milieu naturel, dans une approche proche du documentaire. Il peut aussi être mis en scène, humanisé, détourné. La photographie joue alors sur une tension féconde : elle donne l’impression du réel, tout en ouvrant la porte à la fiction.

Cette séquence montre comment les animaux permettent d’aborder les émotions, la relation au vivant, l’émerveillement. Le bestiaire photographique n’est jamais seulement décoratif : il apprend à regarder d’autres présences que la nôtre.

// Voir l’ailleurs…

La photographie a longtemps été l’un des grands moyens de faire entrer le monde dans les livres. Dans les albums pour enfants, elle ouvre une fenêtre sur d’autres paysages, cultures, ou modes de vie.

Cette séquence interroge la manière dont le livre photographique a participé à la découverte de l’ailleurs. Il peut aussi faire naître le désir de voyage, d’attention à l’autre, de curiosité pour ce qui se trouve hors du cadre familier.

L’exposition invite ici à regarder ces ouvrages avec nuance : voir l’ailleurs, ce n’est jamais neutre. C’est choisir un point de vue, un cadrage, une distance. La photographie donne accès au monde, mais elle raconte aussi la manière dont une époque, un auteur ou un éditeur choisit de le montrer.

// Regarder la nature

Plantes, paysages, matières, détails, formes organiques : dans les livres pour enfants, la photographie permet d’approcher la nature avec précision, mais aussi avec poésie.

Elle peut servir l’observation scientifique, rendre visibles des détails infimes, isoler une feuille, une graine, une texture, une ombre. Elle peut aussi dialoguer avec le dessin, le collage ou d’autres techniques pour transformer le vivant en expérience plastique.

Cette séquence montre comment le livre photographique apprend à regarder autrement ce qui nous entoure. La photographie devient alors un outil de connaissance autant qu’un déclencheur d’émerveillement.

// De l’autre côté du miroir

Dans cette dernière séquence, la photographie quitte le terrain du réel apparent pour rejoindre celui de l’imaginaire. Mises en scène, photomontages, détournements, jeux d’échelle, récits inspirés des contes ou des souvenirs : l’image photographique devient matière à fiction.

Loin de se limiter à reproduire ce qui existe, elle permet ici de fabriquer des mondes. Elle donne une apparence tangible aux rêves, aux peurs, aux métamorphoses, aux récits merveilleux ou aux univers intérieurs.

Cette partie du parcours rappelle une évidence souvent oubliée : la photographie n’est pas condamnée au réel. Dans les livres pour enfants, elle peut mentir magnifiquement, bricoler des illusions, ouvrir des passages. Elle devient alors un théâtre miniature, un outil de narration aussi libre que le dessin ou l’écriture.

Ianna Andréadis, L’oie et le chat, éditions des Grandes personnes, 2025

Interview

“Qu’est-ce qui fait que les livres photographiques sont pour la jeunesse ?.

Cette question m’étonne toujours. Pourquoi ne le seraient-ils pas ?

Le livre photographique pour enfants a une histoire en dents de scie. Ses heures de gloire se situent dans les années 30 et les années 50 au moment où la photographie se répand dans la presse, dans la publicité, dans les livres de voyage. Les grands photographes comme la française Laure Albin Guillot ou l’américain Edward Steichen publient des livres pour le plus jeunes, persuadés que rien ne vaut la photographie pour témoigner de la réalité du monde proche ou lointain sans la falsifier, contrairement au dessin.

En dehors de ces périodes, la critique contre la présence de la photographie dans le livre a été assez virulente. On lui reprochait son manque d’imaginaire, son trop plein de réalisme et parfois, à juste titre, une mauvaise impression dans les livres.

Depuis les années 2000, la photographie est omniprésente dans nos vies. Parallèlement, on assiste chez les éditeurs à un foisonnement de productions de livres photographiques, à l’inventivité toujours renouvelée. Avec leurs appareils photos, avec les logiciels de retouche, en associant des graphismes, en jouant avec les mises en pages, les cadrages, les mots, les photographes nous apprennent à mieux regarder ce qu’on ne voyait plus dans notre quotidien, donnent un nouveau souffle aux personnages de la littérature patrimoniale, inventent des mondes nouveaux. Et puis ces livres nous permettent aussi de découvrir le travail de grands artistes du 8ème art par le biais des rééditions et nous apprennent à nous méfier des images truquées ou mal interprétées.  Ils sont donc indispensables, non ?”

Marianna Balducci Fabio Gervasoni, L’Ora Blu,
Sabir Editore, 2026

Autour de l’exposition

“Véritable prolongement, le catalogue, réalisé avec les éditions MeMo, montre la diversité des formes et usages de l’image photographique en littérature jeunesse. Au travers de cinq thématiques, Laurence Le Guen y raconte les coulisses de livres qui ont marqué ce genre littéraire et recueille les confidences des artistes contemporains sur leurs créations. Ainsi, ce catalogue tisse des liens entre les productions des photographes d’hier et d’aujourd’hui.

Confiée à Vincent Conrad, la scénographie et le graphisme ici proposés reposent sur la création et l’utilisation d’un « alphabet graphique » simple et ludique, basé sur des symboles faisant référence à la photographie : objectif / œil, viseur, cadrage, lumière, horizon.
L’utilisation de ces formes, proches des jeux de construction de l’enfance, du tangram,du puzzle, permettront de rythmer l’ensemble de l’exposition tout en offrant un système modulable et déclinable (formes de base ou évoluées), applicable aussi bien à la scénographie, au graphisme, qu’à la présentation des œuvres, assurant ainsi un parcours visuellement cohérent et varié”

Visites commentées en présence de la commissaire scientifique de l’exposition : 
Jeudi 9 juillet pour le vernissage / Samedi 17 octobre à 14h30 / Samedi 12 décembre à 14h30